Enquête immobilier au Maroc
كتبهاall news ، في 12 أكتوبر 2006 الساعة: 15:47 م
Enquête immobilier au Maroc
Plus de 40.000 logements inoccupés
· Rétablir l’équilibre entre zones d’activité et de résidence
· Jusqu’à 35.000 DH/m2 dans le «Triangle d’or»
Casablanca continue à battre des records en termes de prix et consommation d’immobilier. La mauvaise gestion de l’espace urbain a engendré une forte concentration de l’habitat et de l’activité économique dans des zones où le mètre vaut son pesant d’or! Le fameux «triangle d’or»: Gautier, Racine et Maârif affiche, par exemple, des prix de plus en plus faramineux: entre 10.000 et 35.000 DH/m2 selon le standing. Quant aux locaux commerciaux, les prix dépassent l’entendement.
Ce sont des tarifs qui passent du simple au double d’une année à l’autre et qui, selon les professionnels, poursuivront leur flambée si d’autres ne sont pas créés pour décongestionner cette zone.
Une situation que certains expliquent par un rush temporaire vers les quartiers à la mode.
Un mouvement accentué par l’implantation des franchises. Celles-ci ont considérablement contribué à la valorisation du patrimoine dans ces quartiers en mettant de grands moyens dans l’achat de leurs locaux.
· Peu de studios
Néanmoins, le parc immobilier est, de manière générale, assez important au niveau de la métropole. Paradoxalement, l’offre en terrains nus est à la baisse. Le problème qui se pose à ce niveau-là reste l’adaptation de l’existant à la demande. Il y a quelques années, les promoteurs immobiliers ont concentré leurs activités dans la construction de grands appartements haut standing, de larges plateaux de bureaux. La demande est pourtant plus importante en termes de studios et petits locaux d’entreprise. Parallèlement à cela, les projets de logements sociaux battaient leur plein dans les quartiers périphériques.
Selon l’Agence urbaine de Casablanca (AUC), 40.000 logements seraient inoccupés. Et près de la moitié n’a pas trouvé acheteur à cause de son inadaptation à la demande (prix, taille, standing…).
Autre problème, le déséquilibre entre l’offre en habitat et en locaux d’activité économique au sein d’un même quartier. En aménageant davantage d’espace pour le résidentiel, le problème d’accessibilité aux services ne tarde pas à se poser faisant fuir les populations vers des zones plus animées.
L’offre en logement est toutefois jugée satisfaisante par les responsables de la ville.
Le parc immobilier du Grand Casablanca compte selon l’AUC plus de 700.000 logements dont 60% sont concentrés dans les préfectures d’arrondissement de Casa-Anfa, Aïn Sebaâ, Moulay Rachid et Ben M’Sick. La crise persiste encore au sein des classes sociales à faible revenus. Les responsables mettent beaucoup d’espoir dans les mesures prises par l’Etat, notamment via le crédit Fogarim, pour améliorer la situation.
Ichrak MOUBSIT
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Enquête immobilier
Rabat plus cher que Casablanca
· Selon les quartiers, les prix ont augmenté jusqu’à 25%en deux ans.
· Les projets d’aménagement dopent le foncier
POUR acheter son logement à Rabat, il faut faire vite: le prix de l’immobilier n’y cesse de grimper. Durant les deux dernières années, la valeur du bâtiment est passé de 15 à 25% selon les quartiers et la qualité de construction. Cette flambée des prix s’explique par plusieurs facteurs. Le lancement des projets structurants dans la capitale y est pour beaucoup.
Au quartier Hassan par exemple, dès le commencement des travaux de l’aménagement de la vallée de Bouregreg, la valeur du mètre carré a grimpé de 8.000 dirhams, il y a quatre années, à plus de 11.000 dirhams aujourd’hui. Mais, tout en s’éloignant de l’oued, les prix restent stables.
À titre d’exemple, à la place Pétrie en plein centre de la capitale, le prix d’un appartement de 100 m2 avoisine les 900.000 dirhams.
La valorisation du foncier aux alentours du mausolée Mohammed-V a permis au quartier Hassan de rattraper le décalage par rapport aux autres endroits chics de la capitale comme l’Agdal. Celui-ci se distingue par le haut et le bas Agdal. Dans le premier, qui est caractérisé par les appartements de grandes superficies et le haut de gamme, la valeur du mètre carré oscille entre 13.000 et 17.000 dirhams. En revanche, dans le bas Agdal, où on peut trouver également les studios et les petits appartements, la valeur de l’immobilier a grimpé de 8.500 DH au mètre carré en 2002 à plus de 11.000 DH aujourd’hui. Le même effet est constaté avec le projet de la corniche qui est encore au stade de l’étude.
En effet, dans toute la zone allongeant le littoral du quartier de l’Océan jusqu’à celui d’El Menzah, les prix ont augmenté de 10 à 20%.
Selon un agent immobilier, il est difficile de trouver un lot de terrain dans la région d’El Menzah. A ce propos, il signale qu’une «parcelle de 135 m2 est vendue jusqu’à 1,3 millions de dirhams, alors qu’avec le même montant, on pouvait acquérir, il y a trois années auparavant, un terrain de plus de 200 m2».
Pour le quartier de l’Océan, il faut ajouter l’effet de l’ouverture des grandes surfaces de commerce qui ont valorisé le bâtiment dans cette région.
Le quartier Ryad est le secteur qui a connu l’évolution la plus spectaculaire. Au début de sa construction, la valeur de l’immobilier a été inférieure de près de 35% par rapport à celle pratiquée à l’Agdal. Mais, aujourd’hui, les prix sont devenus presque les mêmes. Pour s’en rendre compte, il suffit de demander les prix des appartements en cours de finition près du boulevard Nakhil dont la grande partie est déjà vendue.
La valeur du mètre carré est comprise entre 13.000 et 15.000 dirhams. La ruée, surtout des cadres et des hommes d’affaires, vers ce quartier revient en particulier à l’existence d’une infrastructure neuve et bien aménagée. Ajoutons à cela l’ouverture ces derniers temps de plusieurs grandes surfaces (Marjane, Assouak Essalam…), et l’installation des annexes de grandes sociétés et de départements ministériels. Par ailleurs, il ne faut pas oublier de noter que l’épuisement du foncier a contribué pour sa part à l’accroissement du coût de l’immobilier dans la ville de Rabat.
Rappelons la situation particulière de la capitale qui est bordée quasiment de toutes parts par la côte Atlantique, le plateau d’Akrach et la ceinture verte. Seules la ville de Temara et la vallée Sidi Yahia Zaër présentent une opportunité naturelle pour le prolongement de Rabat pour lui permettre de faire face à l’accroissement de sa population. C’est dans cet esprit que des projets de grande envergure y sont déjà lancés par des opérateurs publics et privés, en particulier par les groupes Al Omran, l’Erac et la CGI.
Plus de 100.000 demandes
SUR une superficie de 840 hectares, il est prévue la construction de 50.000 logements dans la nouvelle ville de Tamesna, située à près de 20 km de Rabat avec un coût estimatif de 23 milliards de dirhams.
Les travaux d’aménagement sont bien avancés. Selon Mohammed Najib Benyahia, directeur de ce projet, 50% des travaux seront achevés d’ici à fin 2006.
Une dizaine de promoteurs marocains et étrangers sont déjà installés sur les lieux. Ces derniers vont, dans le cadre de conventions avec Al Omrane Tamesna vont construire et commercialiser différents produits immobiliers, du logement économique jusqu’à la villa haut de gamme.
En contrepartie, ces derniers vont contribuer à l’opération de relogement des familles habitant les bidonvilles dans les régions de Rabat, Témara et Sidi Yahia Zemmour Zaër. 10.000 habitations seront réservées à cette opération avec un prix de vente de l’ordre de 80.000 dirhams l’unité.
Il faut noter que, dès son lancement, ce projet a connu un engouement de la part des citoyens.
«On n’arrive plus à compter les demandes, qui ont dépassé les 100.000» tient à signaler Benyahia.
Nour Eddine EL AISSI
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Enquête immobilier
A Marrakech, c’est la démesure
· Les prix démarrent à 4 millions de DH
· La construction va bon train malgré le gel des autorisations
· Bonnes performances des logements social et haut de gamme
EN moins de 5 ans, le nombre de logements autorisés dans la ville est passée du simple au double: de 4.347 autorisations en 2000, ce sont, selon le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, pas moins de 10.900 autorisations qui ont été délivrées en 2005. Indéniablement, l’immobilier est un secteur qui, après le tourisme, connaît un essor sans précédent.
Face à cette évolution fulgurante, les prix se sont eux aussi envolés. Au Guéliz par exemple, le mètre carré nu se négocie autour des 20.000 dirhams pour un terrain sur lequel sera bâti un R+5. « Les prix ont encore augmenté en 2006, depuis l’arrêt de mise à l’étude qui concerne plusieurs quartiers à Marrakech », estime Adil Bouhaja, président de l’Association des promoteurs immobiliers (Alpim). Pour rappel, il s’agit d’une mesure prévue par la loi pour une durée de 6 mois, renouvelable (cf. www.leconomiste.com), durant lesquels le plan d’aménagement et le schéma urbanistique de la ville sont révisés. Derrière ce gel des autorisations de construire, l’idée était de revoir les zones et « de définir des limites, face à l’intérêt que suscite Marrakech auprès des promoteurs marocains et étrangers», soulignent les responsables qui ont opté pour cette solution radicale.
«Aujourd’hui, ce gel dure depuis plus de 8 mois et risque de faire fuir les promoteurs, face à la flambée des prix des terrains encore libres », souligne le président de l’Alpim.
A l’Agence urbaine, point d’inquiétude. Les appréhensions seraient mal fondées, car la cadence de construction est toujours la même à Marrakech. «L’augmentation des prix du foncier ne s’explique pas uniquement par l’arrêt de mise à l’étude: elle est liée au développement global que connaît la région».
Il est vrai que l’arrivée des grands investisseurs dans l’immobilier a contribué à faire flamber les prix dans la cité. La demande très forte sur ce segment ainsi que le gros appétit des lotisseurs et aménageurs font grincer les dents. «Pour baisser les prix, il n’y a pas de recette miracle. A chaque fois que l’Etat a voulu stabiliser le prix, il a réussi en libéralisant les terrains», estiment des opérateurs du secteur.
Pour Abdelouahed Fikrat, DG de l’Agence urbaine, il a fallu du temps pour décortiquer et revoir les schémas des trois zones concernées par l’arrêt de mise à l’étude. Ce qui a abouti à trois zones. Une concertation pour les valider est prévue prochainement, à la suite de laquelle seront remis dans le circuit des quartiers.
La zone autorisée concerne toute la zone commerciale du Guéliz. Elle est déjà engagée avec des immeubles. On a identifié une deuxième zone destinée au départ à des lots de villas qui se sont transformés en immeubles (Assif, Rouidate). Deux courants s’opposaient autour de ce site : ceux qui militaient pour la préservation des zones villas et ceux qui estimaient que la mutation en zones immeubles permettrait de répondre au besoin de croissance de la ville. Dans ce cas, l’Agence a tranché: ces quartiers demeureront résidentiels. Les dossiers déjà notifiés par l’Agence urbaine seront traités au cas par cas.
Enfin, le camp Roul constitue une zone rouge. Celle-ci est composée de douars dont les habitants seront délogés. Le tout forme un nouveau pôle urbain de 450 hectares. Un bureau d’études étranger, Metropoli, est chargé de mener une réflexion pour un aménagement convenable.
En zone rouge aussi, l’ancien quartier industriel (Douar Al Askar), qui nécessite également du temps, une réorganisation globale et qui devrait aboutir avant fin 2006, indique-t-on. Composé d’anciennes unités industrielles fermées pour la plupart, ce quartier est encore vierge et fait l’objet de convoitises de plusieurs promoteurs.
En bref, le choix se limite aux quartiers haut de gamme et à la périphérie. Ce qui se traduit sur le terrain par des constructions dans le domaine du logement social ou des immeubles luxueux, à prix élevé.
«Or il existe un déficit réel de logements dans la cité pour ces trois catégories : social, moyen et haut de gamme», explique Adil Bouhaja.
«C’est une logique libérale qui n’est pas forcément compatible avec le développement que nous avons voulu pour Marrakech. Face à cela, il faudra réguler le marché et prévenir les établissements publics comme l’Erac d’un glissement vers le très haut de gamme», propose, de son côté, Fikrat. Après tout, c’est la logique même de cette mise à niveau urbanistique.
Flambée des prix
En termes de tarifs et prix de l’immobilier, Marrakech devient presque inabordable. Par quartier, dans le Guéliz par exemple, le prix du mètre carré nu oscille entre 11.000 et 22.000 DH. Le mètre carré construit dépasse les 12.000 DH. Face à une demande aussi forte, que ce soit pour le terrain nu ou encore le construit, les spéculations ont été telles que dans des quartiers périphériques, les prix ont atteint les 7.000 DH/m2 construit.
Pour les zones villas, le terrain nu se vend aux alentours de 4.000 DH/ m2. C’est le prix affiché dans le quartier Targa. Construite, une villa de 300m2 peut être vendue à partir de 5 millions de DH. Les villas type beldi ont actuellement la cote. Leur prix démarre à 4 millions de DH. Un groupe comme Alain Grenn, qui va construire 500 villas a fixé les prix de vente à 77 euros le mètre carré nu. Le prix de cession finale (terrain et villa) est 4,8 millions de dirhams pour un 281 m2 par exemple. Des villas de 1.000 m2 sont mises à prix à 20 millions de DH.
Enfin, sur la route de l’Ourika et à Tamesloht, les terrains pour villas se vendent à 300 DH/m2 pour des surfaces de 1 hectare par lots.
Badra BERRISSOULE
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Enquête immobilier
Tanger se «jet-settise»
· Le secteur boosté par les projets d’investissement
· Les prix continuent de grimper
A Tanger, les prix de l’immobilier, s’ils n’ont pas encore atteint des sommets vertigineux, continuent de grimper. Entre 2003 et 2005, les prix ont connu une augmentation moyenne de 30%. Une tendance qui semble se poursuivre.
Actuellement des appartements de moyen standing qui valaient en moyenne entre 6 et 7.000 DH/m2 sont actuellement proposés à plus de 10.000 DH. Dans le haut de gamme, la fourchette se situe entre 12 et 15.000 DH/m2. Certains, en fonction de l’emplacement, placent la barre encore plus haut.
Comme cet immeuble du centre qui affiche 20.000 DH/m2 pour des appartement de 100 m2, soit 2 millions de DH par appartement.
Sur la corniche, certains promoteurs proposent des logements à des prix encore plus élevés.
Cette flambée des prix de l’immobilier est due, selon les professionnels du secteur, à la rareté et à la spéculation. De fait, nombreux sont les opérateurs dans ce domaines qui achètent et vendent au gré des grands investissements que connaît la ville et la région.
Dans la gamme du logement de haut standing et de luxe, l’offre a de fortes chances d’être boostée par les nouveaux chantiers touristiques et résidentiels en projet sur la côte atlantique. Plus de 600 hectares y sont dédiés.
Pour dénicher une demeure à prix abordable, il faudra se rabattre sur d’autres quartiers d’un standing plus moyen, tel que Souani, même si le nombre d’appartements neufs à vendre est plutôt faible. Mais dans ce cas, on peut s’offrir un étage dans l’une des nombreuses maisons particulières pour moins de 500.000 DH. Actuellement, la demande pour le résidentiel est telle que les immeubles sont vendus en grande partie sur plan, bien avant la fin des travaux.
Dans le secteur du logement économique l’offre est plutôt dense avec des projets même à Asilah. Au sein de cette gamme, les données risquent grandement de changer avec l’entrée sur le marché des opérateurs de la taille du groupe Addoha. Cette dernière a démarré les travaux de construction de 9.000 logements économiques dans la nouvelle cité d’Ibn-Battouta.
Le Nord séduit les Espagnols
LES promoteurs immobiliers ont un engouement certain pour le nord du Maroc et plus particulièrement pour Tanger. Déjà, des géants du secteurs ont acquis des terrains et annoncés de gros chantiers.
Urbas, un des titans de l’immobilier espagnol avec Fadesa, a acheté 6.500 m2 de terrains au centre ville de Tanger. Le montant de la transaction n’a pas encore été communiqué mais en fonction de l’emplacement, les terrains constructibles au centre ville de Tanger peuvent dépasser les 30.000 DH/m2. Ces terrains seront dédiés à des immeubles de haut de gamme avec des plateaux pour bureaux. A côté de cette transaction, un autre privé espagnol, le groupe Salamanca vient d’acquérir plus de 16.000 m2 en plein boulevard Mohamed V. La transaction a été facturée à plus de 65 millions de DH et le terrain est destiné à recevoir un centre de loisirs et de commerce ainsi que des résidences. Renta, à travers sa filiale Mixta Africa s’est lancé dans la réalisation d’un projet de constructions économiques à la périphérie de la ville. Le groupe a déjà entamé la réalisation de ce complexe immobilier baptisé Anass dont l’originalité reste l’utilisation massive de matériaux préfabriqués. Il s’agit de 500 appartements et divers locaux commerciaux dont le prix démarre à 160.000 DH. La société entend aussi lancer des projets du même genre à Tétouan.
De notre correspondant,
Ali ABJIOU
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Enquête immobilier
A Fès, déjà des pics de 20.000 DH/m2
· En quatre ans les prix ont doublé
· Les promoteurs font de bonnes affaires
A FÈS, le secteur de l’immobilier est en forte croissance. Une lecture, réalisée à ce sujet par le Centre régional d’investissement (CRI), révèle que le nombre d’autorisations de construire a augmenté de 38% entre 2004 et 2005, passant de 1.232 autorisations à 1.700. Le nombre de logements et la valeur de l’investissement ont également augmenté respectivement de 24.6% et 21.8% pour la même période. Ainsi l’investissement dans ce secteur a atteint en 2005 la valeur 858 millions de dirhams. «Pour 2006, quoique notre bilan ne soit pas encore définitif, le nombre des certificats négatifs pour les projets BTP dépasse de loin ce qui a été comptabilisé l’année précédente», déclare Fouad Ouzzine, directeur du CRI. Sur le terrain, les immeubles poussent un peu partout comme des champignons. C’est ce qui explique d’ailleurs la progression qu’ont connu, en amont, les ventes de ciment. Chez Holcim par exemple, après une longue période de morosité, les marchés de prédilection du groupe dans la région de Fès ont clôturé le premier semestre 2006 en ascension. Ainsi, les ventes de ciment dans cette zone ont grimpé de 13%. Holcim a même été obligée d’importer du clinker de Thaïlande à prix élevé pour satisfaire la demande (www.leconomiste.com). Pour ce qui est des prix des terrains, ceux-ci ont connu une augmentation importante. A Zouagha, un quartier périphérique, les lots qui étaient proposés à 300DH/m2 frôlent actuellement les 1.500 et 2.000 DH. Le centre-ville n’a pas échappé, lui aussi non plus, à cette hausse. «L’an dernier, la Commune avait évalué un terrain, de 3.000 m2 sur l’avenue Hassan-II, à 6.000 DH/m2. Passé le délai défini au cahier de charges, le promoteur n’a pas mis en oeuvre son projet. La Commune compte le lui retirer. Elle en a déjà reçu des propositions qui dépassent les 20.000 DH/m2 !», indique une source en charge du patrimoine immobilier à la Commune. Et d’ajouter que la plus-value sera réinvestie en infrastructures de base. S’agissant des terrains villa, le prix moyen au mètre carré est passé de 1.000 DH en 2002 à 2.500 DH en 2006, soit une augmentation 150 %. Sur les quatre dernières années, les prix ont pratiquement doublé. La même tendance est constatable pour les terrains immeubles R+6, où les prix sont passé de 8.000 DH en 2002 à 13.000 DH aujourd’hui. Pour les R+3 et R+4, les prix ont augmenté de 2.000 DH à 6.000 DH pour la même période. Avec, bien évidemment, des variations selon l’emplacement, le quartier et autres caractéristiques urbanistiques.
Pour de nombreux observateurs, l’activité immobilière est «boostée» dans tous les types d’habitat. Outre les petits promoteurs, des groupes (privés et publics) comme Addoha, Dalila, Amlak, Jamii, Al Omrane et l’Erac s’intéressent actuellement à Fès et font de bonnes affaires. Ces derniers sont derrière des programmes immobiliers mieux conçus et mieux intégrés dans des schémas directeurs.
A lui seul, le groupe Amlak construira dans le cadre de l’opération Firdaous 526 appartements d’une originalité remarquable. Le coût du projet est de 105 millions de DH. Son initiateur, Serge Mas, est venu de Montpellier lancer l’opération, lundi dernier. Il annonce aussi la construction d’une crèche pour enfants d’une capacité de 90 places, des espaces verts et d’autres projets touristiques pour la ville de Fès. «Nous utilisations des matériaux nobles, et nous souhaitons faire de cette résidence une carte de visite pour nos réalisations économiques au Maroc», estime Mas.
Champ de course
DERNIÈRE nouvelle. C’est l’Erac-CN qui a été désigné comme opérateur pour la réalisation du projet Champ de Course. Ce dernier lancera les travaux d’aménagement incessamment. Ce projet, qui s’étend sur un terrain communal d’une superficie de 32 hectares, se situe stratégiquement au cœur du centre de la ville de Fès. Les travaux d’aménagement du boulevard Hassan-II s’achèveront en février prochain. Date qui coïncidera avec l’organisation des Assises internationales du tourisme à Fès.
De notre correspondant,
Youness SÂAD ALAMI
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Enquête immobilier
Agadir: Les étrangers font monter les enchères
· Rareté du foncier et engouement des étrangers pour la ville
· 1,2 à 12 millions de DH pour une maison individuelle
· 8 à 23.000 DH/m2 en zones immeubles
INCROYABLE mais vrai! Les maisons individuelles de 98 m8 environ du quartier Charaf à Agadir qui coûtaient à peine 120.000 DH dans les années 80, atteignent aujourd’hui le prix de 1,2 à 1,6 million de DH. C’est dire à quel point les prix de l’immobilier ont flambé ces dernières années dans la capitale du Souss. «Une inflation qui n’est même pas justifiée», estime Fatima Mabrouk de l’agence AM Immobilier. Selon elle, l’essor du secteur a véritablement commencé depuis quatre ou cinq ans.
A l’origine de cette situation: un déficit du foncier. En effet, les terrains nus, notamment au centre-ville, sont rares voire inexistants.
Par ailleurs, dans d’autres zones, les parcelles non construites sont déjà acquises et font l’objet la plupart du temps de spéculation de la part de leur propriétaire. A cela s’ajoute une multiplication des intermédiaires dans la cité. «Tout le monde s’improvise aujourd’hui agent immobilier», déplore Fatima Mabrouk.
De fait, le créneau est tellement juteux que de nombreux ressortissants français ont implanté des agences immobilières dans la ville. Aujourd’hui, on peut estimer leur nombre dans la cité à 30, dont 20 sont gérées par des Français. Ces derniers ne doivent remplir aucune condition réglementaire particulière pour s’installer en tant que courtier au Maroc, contrairement à la loi en vigueur dans leur pays d’origine. En effet, en France pour ouvrir une agence immobilière, le prétendant doit disposer d’une licence en droit et d’un BTS de deux ans en tant qu’agent immobilier sans compter qu’il doit avoir à son actif une expérience de cinq ans dans un établissement du même genre. «Ici, dans notre pays, on ouvre une agence immobilière de la même manière qu’une épicerie», constate un professionnel de la place.
De fait, cette recrudescence d’agences immobilières a aussi drainé vers Agadir de nombreux acheteurs étrangers. Ils sont pour la plupart des retraités qui souhaitent vivre leur vieux jours sous le soleil de la station balnéaire.
Outre la rareté du foncier, cet engouement conjugué à la hausse des marges des intermédiaires ont fait que le prix du mètre carré a flambé. Dans les zones immeubles le prix du mètre carré construit oscille entre 8.000 et 23.000 DH. C’est sur la Marina d’Agadir que les prix sont les plus élevés dans cette catégorie. Les propriétaires qui ont acquis dans ce complexe des appartements, qui devraient être livrés bientôt, demandent déjà 23.000 DH le mètre carré alors qu’ils ont acheté il y a moins de cinq ans entre 9.000 DH et 13.000 DH/m2 construit.
Au niveau des zones villas, les prix ont également atteint des sommets vertigineux. Suivant les quartiers, il faut compter entre 1,2 million et 12 millions de DH pour acquérir une maison individuelle avec jardin. Les quartiers les plus chers restent les quartiers Illigh et Cité suisse. A Illigh, les prix des villas sont entre 7 et 12 millions de DH. Au quartier Cité suisse, les prix des demeures se situent 4 millions et 8 millions de DH. Sur ce site, les terrains nus sont quasi-inexistants. On peut en compter à peine quatre qui ne sont pas aménagés.
De notre correspondante,
Malika ALAMI
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